Journée d’Études “(Humanités)n. Le potentiel infini des Humanités à l’ère du numérique . Rendez-vous de la Critique.

Le statut des Humanités dans le contexte contemporain, dévalorisées par rapport aux sciences dites « dures », exactes ou appliquées, continue d’engager un débat profond multi- et transdisciplinaire sur leur importance en tant que savoirs et garde-fou contre une déshumanisation de la culture, et particulièrement de la culture scientifique, plus précisément au moment où la critique amorce un tournant éthique et manifeste un souci axiologique.

Il se trouve que la conjoncture et le cadrage pluriels de la recherche prennent aujourd’hui acte, voire fomentent et mobilisent des approches non cloisonnées des connaissances et des domaines scientifiques. Parfois même, ces convergences (Ceserani, 2010) ou contaminations discursives ont même fini par susciter de cocasses impostures intellectuelles (Bricmont et Sokal, 1997) qui n’ont certes pas contribué à la crédibilité des Humanités, notamment de la recherche en littérature.

Aussi devient-il capital de penser de plus en plus les tenants et aboutissants de l’interaction épistémologique à l’aune du tournant numérique, favorable qu’il est à la formation d’un champ particulier, celui des humanités digitales, où création, valorisation, diffusion, conservation, échange, partage et croisement de savoirs deviennent des maîtres-mots.

Ce n’est certes pas un hasard si, en 2010, le THATCamp (« The Humanities and Technology Camp, is an open, inexpensive meeting where humanists and technologists of all skill levels learn and build together in sessions proposed on the spot »), rédigeait un manifeste (Manifeste des digital humanities) où on en appelait « à l’intégration de la culture numérique dans la définition de la culture générale du XXIe siècle » et où l’on proposait une définition d’humanités numériques à trois volets :

1. Le tournant numérique pris par la société modifie et interroge les conditions de production et de diffusion des savoirs.

2. Pour nous, les digital humanities concernent l’ensemble des Sciences humaines et sociales, des Arts et des Lettres. Les digital humanities ne font pas table rase du passé. Elles s’appuient, au contraire, sur l’ensemble des paradigmes, savoir-faire et connaissances propres à ces disciplines, tout en mobilisant les outils et les perspectives singulières du champ du numérique.

3. Les digital humanities désignent une transdiscipline, porteuse des méthodes, des dispositifs et des perspectives heuristiques liés au numérique dans le domaine des Sciences humaines et sociales.

Malgré le développement exponentiel de la recherche autour des enjeux de la Toile, persistent une méconnaissance, un sentiment de suspicion, voire une dévalorisation du numérique qui justifient ainsi que l’on s’attarde sur ce phénomène omniprésent dans notre quotidien.

À cet égard, colloques, publications et projets appliqués dégagent des points de contact et d’intersection entre les Humanités et des domaines de savoir apparemment distants : médecine, neurosciences, droit, architecture, physique, etc. Preuve que les Humanités, une fois prises au jeu du numérique et de la synergie transdisciplinaire, ont leur place de plein droit dans le concert de la construction complexe et pluridisciplinaire épistémologique du futur.

Aussi, dans ce cadre d’échange d’expériences et d’apports de recherche, comme autant de leviers de la construction du savoir à l’âge numérique, invitons-nous les enseignants et chercheurs que ces intersections intéressent ou interpellent à se pencher avec une communication sur les axes d’intervention suivants :

Humanités numériques : notion et enjeux ; Humanités numériques : études et présentations de cas et de champs d’application (notamment dans les domaines de la littérature et des études littéraires) ; Humanités numériques et frontières des savoirs (intersections entre les Humanités et autres disciplines scientifiques) ; Approches perspectives et prospectives de la portée et de l’impact des Humanités sur les savoirs et les pratiques scientifiques ; Humanités numériques à l’heure du tournant éthique : au défi de l’inclusion.

Organisation :

  • Ana Paula Coutinho (Un. Porto – ILC ML – APEF)
  • José Domingues de Almeida (Un. Porto – ILC ML – APEF)
  • Maria de Fátima Outeirinho (Un. Porto – ILC ML – APEF)

Comité scientifique :

  • Jacques Walter (Centre de Recherche sur les Médiations, Communication, Langue, Art, Culture – Un. de Lorraine)
  • Moisés Lemos Martins (Un. Minho)

Langues : français, anglais, espagnol et portugais.